Vous êtes enceinte et vous préparez activement l’arrivée de votre bébé. Vous avez probablement lu des dizaines d’articles sur la grossesse, suivi des cours de préparation à l’accouchement, choisi votre maternité avec soin. Vous savez exactement ce dont vous aurez besoin pour les premiers mois de bébé : body, couches, biberons ou poussette.
Mais vous êtes-vous déjà posé cette question : et moi, de quoi vais-je avoir besoin après l’accouchement ? comment se préparer au post-partum?
Le post-partum est une période de grand bouleversement dont on parle encore peu et qui pourtant détermine en grande partie la façon dont vous allez vivre vos premiers mois de maternité. Entre la récupération physique suite à la grossesse et à l’accouchement, les nuits écourtées, et les bouleversements identitaires, le post-partum peut ressembler à une traversée du désert… mais ce n’est pas toujours le cas, selon les conditions, la préparation et le soutien que vous aurez mis en place.
Le post-partum : bien plus qu’une simple récupération
Quand on vous parle de post-partum, on vous dit souvent qu’il dure six semaines. Six petites semaines pour que votre corps « revienne à la normale » et que vous repreniez votre vie d’avant. Sauf que dans la réalité, les bouleversements liés à l’arrivée de votre bébé s’inscrivent sur plusieurs mois voire plusieurs années !
En effet, le post-partum ne se limite pas à la cicatrisation de votre périnée ou au retour de vos règles. C’est une transformation profonde qui touche tous les aspects de votre vie. Votre corps change, évidemment, mais aussi votre psychisme, votre rapport au temps, vos priorités, vos relations amicales, votre vie de couple, votre carrière professionnelle, votre organisation quotidienne… Tout est remis en question, redistribué, réinventé.
Les premiers jours : entre émerveillement et réalité
Vous rentrez de la maternité avec votre bébé dans les bras. Vous êtes enfin chez vous, dans votre cocon. Vous vous attendiez peut-être à ressentir une plénitude immédiate, cette joie dont tout le monde parle. Mais votre réalité est plus ambivalente, vous êtes heureuse mais vous vous posez beaucoup de question, vous êtes épuisée…
Bienvenue dans le post-partum où la joie et le bonheur côtoient les doutes et la fatigue. Cette période de grande vulnérabilité peut être vécue de multiples manières et chaque parent trouvera ses marques avec plus ou moins de facilité. Mais chaque famille fait face à un certain nombre de challenges, les 1ères semaines ne sont pas « que du bonheur » !
Être conscient de cette réalité, c’est se préparer psychologiquement à des moments plus difficiles et savoir que tout passe. J’entend encore tellement souvent de la part des jeunes parents : « mais pourquoi personne ne m’a prévenu que ce serait comme ça ? »…
Le post-partum peut être une période merveilleuse… à condition d’y être préparée et bien entourée.
Ce dont vous aurez vraiment besoin : du soutien
Quand on prépare l’arrivée d’un bébé, on peut avoir tendance à se concentrer sur le matériel : la poussette, le joli berceau, la déco de la chambre, parce que c’est concret et palpable. Mais ce dont vous aurez vraiment besoin pendant les 1ères semaines après la naissance, c’est du repos, du soutien, des repas chauds, quelqu’un pour étendre votre lessive pendant que vous vous reposez. C’est du temps pour vous, pour récupérer, pour apprendre à connaitre votre bébé, pour trouver votre place de mère.
Pour s’assurer d’être bien entourée et soutenue, vous pouvez prendre les devants et créez une liste de naissance qui demande à vos proches de vous offrir des services : une cagnotte pour des prestations de ménage pendant le premier mois, des bons pour des livraisons de repas à domicile, des heures de baby-sitting une fois que vous serez prête, un soin rebozo pour vous, du temps tout simplement.
Quand vos proches viennent vous rendre visite dans les premières semaines, demandez-leur d’apporter leur meilleur plat fait maison. Pendant qu’ils sont là, profitez-en pour leur demander de lancer une machine, de ranger le lave-vaisselle, de sortir les poubelles. Les vrais cadeaux du post-partum, ce sont ces gestes simples qui vous soulagent au quotidien.
Créez votre cocon familial avant la naissance
Votre partenaire est votre allié(e) numéro un dans cette aventure. Et vous pouvez commencer dès la grossesse à discuter des sujets importants du post-partum, pour éviter d’improviser à un moment où vous aurez peu de temps et une grande fatigue.
Vous pouvez aborder les aspects pratiques (qui fait quoi) et aussi les émotions, les peurs, les attentes et besoins de chacun. Comment votre partenaire imagine-t-il son rôle ? Comment vous le voyez-vous ? Qu’est-ce qui vous inquiète ? Quels sont vos besoins importants ?
Mettez les choses à plat maintenant pour éviter les frustrations et les reproches plus tard. Parce qu’au milieu de l’épuisement du post-partum, avec les nuits écourtées et les émotions à fleur de peau, communiquer devient beaucoup plus difficile.
Pendant le congé paternité, votre partenaire va être en charge d’assurer toutes les tâches domestiques pendant que vous vous concentrez sur votre récupération et votre bébé. Il pourra vous apporter ce dont vous avez besoin quand vous allaitez, vous cuisiner des bons petits plats et vous encourager et vous rappeler que vous êtes formidable.
Cette équipe que vous allez former pose les bases de votre parentalité à venir.
Mobilisez votre tribu avant d’en avoir besoin
Dans l’idéal, une jeune mère devrait être entourée d’une petite communauté qui prend soin d’elle pendant qu’elle prend soin de son bébé. Cette tradition existe encore dans de nombreuses cultures avec le mois d’or. Chez nous, ce n’est pas vraiment culturel mais rien ne vous empêche de créer les conditions pour vivre un mois d’or à votre façon.
Dès la grossesse, on peut identifier son cercle de soutien : qui sont les 3-5 personnes sur lesquelles vous pouvez vraiment compter ? Celles qui viendront vous aider sans attendre quelque chose en retour, sans vous juger, sans vous donner de conseils non sollicités.
Ce peut être votre mère, votre sœur, une amie très proche, une voisine de confiance, votre belle-sœur. L’important est que ce soient des personnes avec lesquelles vous vous sentez à l’aise, même en pyjama avec les cheveux gras et les seins à l’air pendant une tétée.
Prévenez-les maintenant que vous aurez besoin d’elles. Expliquez-leur concrètement ce qui vous aiderait : venir 2-3 fois par semaine les deux premières semaines, apporter un repas, rester 2 heures pour que vous puissiez dormir, s’occuper de votre aîné si vous en avez un, discuter au téléphone…
Et surtout, apprenez à poser vos limites avec les autres visiteurs. Vous avez le droit de dire à votre belle-famille qu’ils ne pourront pas venir avant la deuxième semaine. Vous pouvez demander aux visiteurs de partir après 30 minutes si vous êtes fatiguée.
Communiquez ces limites clairement dès maintenant, pendant votre grossesse. Rappelez vous que votre priorité, c’est votre santé et celle de votre bébé.
Trouvez votre gang de mamans
L’isolement est l’un des aspects du post-partum que l’on a du mal à imaginier. Vous vous retrouvez seule à la maison avec votre bébé, votre partenaire reprend le travail, vos amis sans enfants ne comprennent pas ce que vous vivez et vous avez l’impression d’être la seule à galérer.
Créez-vous un réseau de mamans qui vivent la même chose que vous. Vous pourrez vous écrire à 3h du matin pendant une tétée, partager vos galères sans filtre, vous encourager mutuellement, échanger des astuces.
Organisez-vous aussi des moments ensemble en vrai quand vous vous sentirez prêtes. Des balades au parc avec les bébés, des cafés à la maison, ou même des sorties sans les enfants quand vous aurez besoin de vous rappeler que vous n’êtes pas que des mères.
Encouragez-vous mutuellement à prendre soin de vous.
Pour créer votre gang, repérez les évènements organisés près de chez vous pour futures et jeunes mamans comme les cafés des mamans ou les ateliers pour les parents par exemple.
Vous méritez d’être soutenue
Le message essentiel de cet article ? Le post-partum ne devrait pas être une épreuve qu’on traverse seule en serrant les dents. C’est une période qui mérite d’être préparée, accompagnée, soutenue.
Vous méritez d’avoir des gens autour de vous qui prennent soin de vous. Vous avez le droit de vous reposer sans culpabiliser. Si vous pouvez vous sentir légitime à demander de l’aide une fois dans votre vie, c’est bien à ce moment là. Vous méritez qu’on reconnaisse l’immensité de ce que vous traversez.
Alors oui pour préparer son accouchement et tout le matériel pour bébé. Mais n’oubliez pas de préparez votre post-partum, identifiez vos ressources, communiquez vos besoins et créez votre village.
Une doula spécialisée en accompagnement postpartum peut aussi être une ressource précieuse. Elle vous offre un soutien émotionnel sans jugement, des conseils pratiques basés sur son expérience, une écoute bienveillante. Elle peut aussi apporter une aide concrète à domicile dans les premières semaines. Ce n’est pas du luxe, c’est prendre soin de vous.
Et rappelez-vous : une maman qui va bien, c’est une famille qui va bien. En prenant soin de vous, vous prenez soin de tout le monde.
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